(Togo First) - Au Togo, les travaux de curage du chenal de Gbaga, situé entre Zébé et Agbanakin, sont réalisés à 52 % à fin mars 2025, selon les informations recueillies lors d’une visite de terrain hier jeudi 03 avril 2025. Ce projet transfrontalier, appuyé par le projet d’investissement pour le renforcement de la résilience des communautés côtières en Afrique de l’Ouest (WACA ResIP), veut restaurer les fonctions économiques et écologiques de cet axe fluvial partagé entre le Togo et le Bénin.
Long de 30 km, le chenal, autrefois navigable, était devenu impraticable à cause de l’envasement et des plantes envahissantes, entravant les échanges commerciaux, la pêche et accentuant les risques d’inondation. « Le chenal de Gbaga était un poumon économique et social pour les communautés riveraines. Sa réhabilitation est stratégique pour redonner vie à cette zone », explique un responsable du projet.
« C’est dans le cadre de la mise en œuvre du projet WACA que nous avons lancé le curage du chenal de Gbaga », précise Adou Rahim Alimi Assimiou, coordinateur du projet WACA ResIP Togo. « Les travaux visent à restaurer les fonctions du chenal en trois volets : l’enlèvement des plantes envahissantes (faucardage), le curage des sédiments, et la valorisation des résidus. »
4,77 milliards FCFA d'investissements
D’un coût total de 4,77 milliards FCFA, les travaux consistent à curer environ 55000 m³ de sédiments sur une bande de 10 mètres de large et 45 cm de profondeur. Le chantier, confié à TC Marines Zilla Group, est supervisé par le groupement INROS LACKNER/DECO.
Dans le même temps, les ingénieurs travaillent à livrer le chantier dans les délais. « Le dragage est réalisé avec des équipements modernes permettant d’extraire efficacement les sédiments sans perturber l’équilibre écologique du chenal. Nous veillons aussi à la réutilisation des matériaux extraits, notamment pour la stabilisation des berges », explique un autre cadre sur le projet.
Parallèlement, 468 m² de plantes aquatiques ont été retirées, représentant 21 000 tonnes de biomasse transformées en compost. Ce dernier, tout comme le sable extrait, sera mis à disposition des communes riveraines, générant des revenus et soutenant l’agriculture locale.
Le projet prévoit aussi le reboisement des mangroves et la reprise des activités de pêche.
Une valorisation durable des ressources naturelles
Au-delà du dragage, le projet intègre une approche innovante : la transformation de la jacinthe d’eau en engrais organique. Ce compostage est réalisé sur plusieurs sites où les plantes sont broyées, séchées, puis transformées. « Avant, ces plantes nous envahissaient et empêchaient la pêche. Aujourd’hui, elles deviennent une source de revenus », témoigne Abla Donsi, riveraine d’Agbanakin, engagée dans la transformation des résidus végétaux.
La livraison des travaux est attendue pour fin mai 2025.