Le Togo, à nouveau, parmi les 8 pays d’Afrique ayant amélioré la qualité de leurs politiques et institutions (Banque mondiale)

Gouvernance économique
vendredi, 23 août 2019 15:31
Le Togo, à nouveau, parmi les 8 pays d’Afrique ayant amélioré la qualité de leurs politiques et institutions (Banque mondiale)

(Togo First) - Le Togo a considérablement progressé ces dernières années sur les questions de la qualité de ses politiques socio-économiques et de son cadre institutionnel. C’est l’une des conclusions à tirer du dernier rapport de la Banque mondiale sur l’évaluation des politiques et institutions nationales en Afrique (CPIA).

L’Afrique traîne, le Togo progresse

Après avoir atteint la moyenne subsaharienne en 2017, le pays qui se montre de plus en plus offensif en matière de réformes (percée dans le Doing business, Indice Mo Ibrahim, MCC), a poursuivi en 2018 son ascension, avec à la clé, une nouvelle progression de son score au CPIA, dans un contexte de stagnation continentale. Seulement huit pays, (ils étaient 9 en 2017), ont vu leur note globale augmenter alors que pour 60 % des pays, les notes de la CPIA sont demeurées inchangées en 2018.

Pour la deuxième année consécutive, le Togo, avec un score de 3,2 points (+0,1), loge aux côtés des 8 pays ayant le mieux amélioré la qualité de leurs politiques et institutions.

Cette performance est tirée par le renforcement de sa « politique et gestion de la dette publique », les réformes pour l’amélioration de l’environnement règlementaire des entreprises (facilité de faire les affaires), et celles qui « ont conduit à une plus grande transparence, à une réduction de la bureaucratie et à un meilleur rapport coût-efficacité dans le transfert de propriété », souligne l’institution de Brettons Woods.

Evolution favorable et saluée du profil d’endettement, du climat des affaires, et de la gouvernance

Le Togo est le seul pays africain à augmenter sa note pour le critère « politique et gestion de la dette publique », selon la Banque mondiale qui soutient que « l’assainissement budgétaire a permis d’améliorer les ratios d’endettement », faisant passer, à fin de 2018, la dette du secteur public à 74,1 % du PIB, contre 75,6 % du PIB, tandis que la dette intérieure a  diminué de plus de 5 points de pourcentage par rapport à fin 2017. 

En outre, le Togo et la Côte d’Ivoire, sont les deux seuls pays ayant amélioré leur note en ce qui concerne l’environnement réglementaire des entreprises, un critère qui mesure l’environnement juridique, réglementaire et politique des entreprises privées, notamment en évaluant les réglementations affectant le lancement ou la cessation d’activité, la concurrence, les opérations commerciales en cours, les marchés fonciers et du travail.

« La Côte d’Ivoire et le Togo ont mis en œuvre six réformes et font partie des dix meilleurs réformateurs, selon Doing Business. », rappelle la Banque dirigée par David Malpass (photo).

S’agissant de la problématique de la gouvernance, seulement neuf pays ont réussi à améliorer leur note en 2018. Ainsi, précise la Banque mondiale,  « les augmentations des notes de la Côte d’Ivoire et du Togo reflètent l’amélioration de la structure de gouvernance reposant sur des règles et dans laquelle les droits contractuels et de propriété sont protégés et appliqués. »

Précisément pour ce qui est du cas du Togo, « les réformes ont conduit à une plus grande transparence, à une réduction de la bureaucratie et à un meilleur rapport coût-efficacité dans le transfert de propriété. », défend le partenaire multilatéral. Ainsi, révèle-t-il qu’en 2018, le transfert de propriété sur un bien au Togo nécessitait cinq procédures (contre 6,2 en Afrique subsaharienne). Il fallait 84 jours (183 jours un an plus tôt) et 53,9 jours en Afrique subsaharienne, pour finaliser une procédure complète de mutation totale. L’opération coûtait 5,9 % de la valeur du bien (9,2 % en 2017) et 7,6 % en Afrique subsaharienne.

Sur un autre indicateur du Doing Business qui est l’exécution des contrats, la Banque mondiale remarque qu’en moyenne, l’exécution d’un contrat à travers le système judiciaire prenait 488 jours (pour 655,1 jours en Afrique subsaharienne) et coûtait 47,5 % de la valeur de la réclamation (42,3 % en Afrique subsaharienne), en 2018. 

Des évolutions à mettre à l’actif des réformes pilotées par la Cellule Climat des affaires, qui a également, la charge de la conduite des mesures pour améliorer l’image du Togo dans le rapport d’évaluation CPIA.

Une progression qui ne cache pas le retard à rattraper

L’évolution des notes de la CPIA du Togo de 2008 à 2018, montre une amélioration de 0,5 point de sa note globale, portée par les progrès réalisés dans la gestion économique, les politiques de lutte contre l’exclusion sociale et de promotion de l’équité, la gestion des institutions du secteur public. Cependant, sur la décennie, note le rapport annuel de la Banque mondiale, les politiques structurelles stagnent.

Du terrain reste à conquérir, surtout que le pays accuse encore du retard par rapport à certains de ses voisins de l’Uemoa. Le Togo qui vient de loin, en témoigne son score de 2,5 en 2010, doit encore faire des efforts colossaux pour atteindre le Rwanda, le champion africain, ou dans un élan plus modeste, les pays de l’Uemoa, tels que le Sénégal, le Burkina Faso, le Bénin, et le Niger.

Notons que depuis 1980, les notes de la CPIA servent à déterminer l’allocation des ressources de l’IDA aux pays les plus pauvres. Elles permettent également de suivre les progrès des économies africaines et de les comparer à ceux des autres pays IDA. Le Rwanda demeure en tête du classement régional et mondial, avec une note de 4.

Fiacre E. Kakpo

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